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Améliorer ses performances pour préparer le Tour de France

7 juin 2021
Améliorer ses performances pour préparer le Tour de France

Le Tour de France et bientôt là et, pour les meilleurs coureurs du monde, l’heure du stage de préparation a sonné. Mais quel est l’intérêt de ce stage ?

Pour se préparer au Tour de France, la plupart des équipes du WorldTour, notamment l’équipe UAE Emirates qui utilise Campagnolo, effectueront un stage en altitude dans la période qui suit le Critérium du Dauphiné.

Des coureurs de l’envergure de Tadej Pogačar (vainqueur du Tour 2020) s’entraîneront en altitude, où l’air est plus rare, pour se mettre en forme avant la grande boucle.

Depuis des années, ce stage est une étape clé dans le calendrier de tout coureur. Mais pourquoi ?

 

AUGMENTER L’APPORT D’OXYGÈNE EN CIRCULATION

 

 

L’objectif de l’entraînement en altitude est simple : en s’entraînant dans un environnement pauvre en oxygène, le corps du cycliste professionnel s’adapte aux conditions ambiantes, et gagne en efficacité pour transporter et utiliser l’oxygène.

Pour être plus précis, la pression atmosphérique étant basse en haute altitude, la pression partielle de l’oxygène qu’inhale le coureur diminue également.

Et parce que le Tour est une course qui met à rude épreuve l’endurance des coureurs et dans laquelle il est primordial d’avoir suffisamment d’oxygène dans le sang, la préparation athlétique en altitude devient vitale pour améliorer les performances.

 

 

De nombreuses études ont prouvé que l’entraînement en altitude accroît l’aptitude aérobie (VO2max) de 3 à 8 % et fait baisser la fréquence cardiaque, tant au repos que pendant l’effort, tout en augmentant le taux de myoglobine, une protéine globulaire présente dans les fibres musculaires.

De plus, ce type d’entraînement réduit l’accumulation d’acide lactique et accroît la production d’EPO dans les reins. Pour les cyclistes, l’EPO, ou érythropoïétine, est une hormone primordiale, qui régule et accroît la production de globules rouges dans la moelle osseuse.

 

 

Bénéficier d’un nombre élevé de globules rouges est essentiel dans une discipline d’endurance comme le cyclisme sur route (surtout dans les grands tours), précisément parce que ces globules captent l’oxygène des poumons et le distribuent aux muscles, qui sont très sollicités.

Plus le nombre de globules rouges dans le corps est élevé, plus la quantité d’oxygène fournie à la circulation sanguine est importante. Le cycliste pourra donc pédaler plus fort et plus longtemps. Il a été démontré que, pour bénéficier des avantages de l’entraînement en altitude, il faut aller au-delà de 1500 m, l’altitude optimale pour l’entraînement se situant autour de 2000 ou 2200 m.

 

 

En dessous, l’effort physique sera insuffisant pour stimuler une plus grande synthèse de l’EPO dont les athlètes ont besoin. Au-dessus de 2000 m, l’intensité du pédalage sera trop faible pour favoriser la synthèse d’érythropoïétine.

Avant le départ du Tour le 26 juin prochain en Bretagne, Pogačar et l’équipe UAE Emirates se rendront à Sestrières pour s’entraîner. Située dans les Alpes italiennes occidentales, Sestrières est un lieu idéal pour un stage pré-tour, non seulement parce que ses routes sont en bon état, mais également en raison de sa situation à 2035 m au-dessus du niveau de la mer.

Le stage à Sestrières permettra à Pogačar d’augmenter le nombre de globules rouges circulant dans son corps et donc d’améliorer ses performances.

 

DÉSÉQUILIBRE MUSCULAIRE

 

 

Trouver le bon équilibre est toutefois crucial. À haute altitude, où la pression partielle de l’oxygène est inférieure, la puissance produite par le pédalage du cycliste sera moindre.

Ainsi, un cycliste qui produit 300 watts en pédalant au niveau de la mer devra produire 350 watts pour maintenir la même vitesse en altitude. En effet, si ses paramètres sanguins s’améliorent, puisque tant la production de réticulocytes (globules rouges nouvellement produits) que les niveaux d’hémoglobine (la partie protéique du globule rouge qui transporte l’oxygène) augmentent, les muscles du coureur s’affaiblissent.

Cet affaiblissement est dû au milieu environnant : en haute altitude, la quantité inférieure d’oxygène présente dans l’air active les glandes surrénales du cycliste, qui augmentent alors la production de cortisol. Le cortisol est une hormone catabolique, ce qui signifie qu’il tend à brûler les muscles pour obtenir de l’énergie.

 

 

Des taux élevés de cortisol dans l’organisme du coureur brident la croissance de sa masse musculaire. Il est donc très difficile de planifier un entraînement en altitude correct et équilibré, surtout en ce qui concerne sa durée.

La hausse du volume sanguin qui accompagne un entraînement en altitude est l’une des principales adaptations physiologiques à laquelle l’athlète est soumis pendant le stage. Mais il faut environ 10 jours pour que le corps s’adapte à son environnement et à un plus grand apport d’oxygène en circulation.

Après 10 jours en altitude, le corps est alors prêt à s’entraîner plus intensivement.

C’est pour cette raison que les stages en montagne qui précèdent le Tour de France durent généralement deux semaines. Les professionnels qui utilisent Campagnolo seront donc prêts à travailler sur les montées, sur la forme physique générale et enfin sur le rythme de la course.

 

LIVE HIGH, TRAIN LOW

 

 

Parfois les équipes optent pour une méthode d’entraînement plus intense, appelée « Live High Train Low » (LHTL).

Cette méthode prévoit que les cyclistes vivent et dorment en haute altitude, mais s’entraînent au niveau de la mer : ils peuvent ainsi augmenter le niveau d’intensité de l’entraînement, sans que l’altitude (et donc l’air raréfié) ne compromette leurs performances.

Cette idée est soutenue par une étude de l’AIS (Australian Institute of Sport) qui a comparé un groupe d’athlètes vivant et s’entraînant au niveau de la mer à un autre groupe qui s’entraînait au niveau de la mer mais dormait, pendant 23 nuits consécutives, à une altitude simulée de 3 000 m.

 

 

Après la période d’entraînement de 24 jours, les scientifiques ont effectué des biopsies sur les muscles de chaque athlète et ils ont constaté que chez les cyclistes qui avaient suivi la méthode LHTL, la VO2 de crête (la valeur la plus élevée de la consommation d’oxygène pendant l’entraînement) était inférieure à celle du groupe qui vivait et s’entraînait au niveau de la mer, ce qui signifie que ces athlètes avaient mieux conservé leur énergie.

D’autre part, les biopsies ont également révélé que le pouvoir tampon du muscle progressait de 18 % chez les athlètes LHTL, ce qui leur permettait de sprinter avec plus de puissance et plus longtemps. C’est pourquoi pour de nombreux athlètes, l’entraînement « Live High Train Low » est le meilleur possible.

Autre facteur que les équipes WorldTour ne doivent pas sous-estimer : les besoins nutritionnels. En altitude, le corps de l’athlète travaille plus, accélérant ainsi le métabolisme.

 

 

De nombreuses études ont montré que l’augmentation des besoins caloriques est souvent la conséquence d’une hausse de la consommation de glucides. En particulier, des recherches menées sur des souris dans les Andes (qui vivent à environ 4 000 m d’altitude) ont révélé que ces animaux tiraient beaucoup plus d’énergie des glucides que des graisses par rapport aux souris vivant au niveau de la mer. En effet, à haute altitude, où les niveaux d’oxygène sont inférieurs, les glucides fournissent 15 % d’énergie en plus que les graisses.

Même si les cyclistes professionnels ne vivent pas et ne s’entraînent pas aux même altitudes que les souris des Andes, eux aussi, lorsqu’ils sont en montagne, utilisent davantage les glucides que les graisses. Ils devront donc manger plus de pâtes et de riz.

 

 

En outre, les athlètes associent souvent ce régime à une prise de compléments en fer pour aider les globules rouges à retenir le plus d’oxygène possible. L’entraînement en altitude est une méthode très efficace et largement utilisée dans l’univers du cyclisme professionnel.

Sera-t-il utile aux équipes qui utilisent Campagnolo ?

Les équipes UAE Emirates, Cofidis, Lotto-Soudal et AG2R Citroen Team ne le découvriront que le dimanche 18 juillet.

Rendez-vous sur la ligne d’arrivée sur les Champs Élysées !

 

© TDW / Getty Images

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